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Syndrome de Williams et Beuren

18/05/2007 - Lu 8130 fois
Pour en savoir plus sur la maladie génétique de Candice, le syndrome de Williams et Beuren.

Qu'est ce que le syndrome de Williams ?

Le syndrome de Williams dans sa forme complète, associe des traits particuliers du visage, une malformation cardiaque, une déficience intellectuelle, un comportement caractéristique et plus rarement, une augmentation du taux de calcium dans le sang chez le nouveau-né (hypercalcémie néonatale). C'est une anomalie du développement embryonniare d'origine génétique liée à la perte d'un petit morceau (microdélétion) du chromosome 7. Aussi appelé syndrome de Williams-Beuren, il a été décrit en 1961.

Combien de personnes sont atteintes de la maladie ?

La prévalance de la maladie (nombre de personnes atteintes dans une population à un moment donné) est  d'environ 1 cas pour 10000 naissances, voire 1 cas pour 7500 pour certains auteurs. Ce chiffre estimé auparavant à 1 sur 25000 a donc été revu à la hausse car la maladie est mieux diagnostiquée actuellement.

Qui peut en être atteint ? Est-elle présente partout en France et dans le monde ?

Cette affection touche également les personnes des deux sexes, quelque soit leur origine géographique.

Quelles sont les causes de la maladie ?

Le syndrome de Williams est lié à la perte d'un petit morceau (microdélétion) du bras long du chromosome 7, dans la région 7q11.23. Cette microdélétion est retrouvée dans 98% des malades. Elle est de taille relativement constante d'un malde à l'autre et elle contient plusieurs gènes. On parle donc d'un syndrome des gènes contigus puisque l'affection est liée à la perte de plusieurs gènes situés les uns à coté des autres. Les gènes perdus, identifiés à ce jour (environ 25) sont entre autres le gène de l'élastine (ELN), le gène LIMKinase (LIMK1), le gène de la syntaxine 1A (STX1A) et le gène GTF21. Dans quelques rares cas, le morceau perdu est de plus petite taille et les signes de la maladie peuvent alors être atténués. Le plus souvent, cett microdélétion est de survenue accidentelle et les parents sont indemnes de toute anomalie chromosomique.

Quelles en sont les manifestations ?

Le syndrome de Williams associe différentes atteintes :

Des traits du visage un peu particuliers sont présents dans plus de 90% des cas. Les médecins parlent de dysphormie faciale qui leur évoque un "faciès d'elfe". Ce terme qui n'apporte pas grand-chose est parfois ressenti comme péjoratif par les familles et est de moins en moins employé. Les signes les plus caractéristiques de la dysphormie sont le grand front, les joues pleines, la grande bouche avec une lèvre inférieure tombante, la pointe du nez renflée (bulbeuse) et le développement insuffisant des os des pommettes (hypoplasie malaire). On peut aussi noter un gonflement autour des yeux (oedème périorbitaire), un strabisme et un iris particulier avec un motif remarquable en forme d'étoile (iris stellaire). L'aspect du visage varie au cours de la vie. Les nouveaux nés ont souvent un visage aux joues pleines avec un profil un peu plat, alors que les enfants et les adultes ont habituellement un visage allongé et mince ainsi qu'un long cou. La dysmorphie est peu caractéristique à la naissance et devient plus évocatrice dans la petite enfance surtout entre 18 mois et 8 ans.

Une malformation cardiaque (cardiopathie) est présente dans 70% des cas. Celle-ci consiste le plus souvent en un rétrécissement (sténose) de l'aorte à la sortie du coeur (sténose supra-valvulaire) ou en sténose des artères pulmonaires périphériques. Ces anomalies peuvent être révélées par un souffle à l'auscultation cardio-pulmonaire. Le diagnostic est confirmé par échocardigraphie. Plus rarement, on peut observer un prolapsus (chute) de la valve mitrale. Une hypertension artérielle secondaire à un rétricissemment progressif de l'artère rénale se développe souvent à l'àge adulte.

Un déficit intellectuel est présent dans la majorité des cas. Il s'agit d'une déficience intellectuelle moyenne avec un quotient intellectuel aux alentours de 60. Il existe une discordance entre les capacités verbales et cognitives. L'acquisition verbale, bien qu'un peu retardée est relativement correcte. Aussi ce bon niveau de langage associé à la grande sociabilité donnent l'impression que l'enfant a plus de capacités qu'il n'en a réellement. Beaucoup ont, en fait, tendance à bavarder de façon incessante et assez superficielle en employant des phrases stéréotypées et des clichés. Assez souvent la compréhension est moins bonne que l'expression. Par ailleurs, il existe un déficit assez net des fonctions visuo-spatiales (déficit en particulier des repères dans l'espace) et de la coordination motrice globale et fine. Ces enfants acquièrent plus tardivement que les autres la station assise et la marche. Ils ont des difficultés à faire du vélo, à utiliser des ciseaux et à tenir un crayon. Ce déficit des fonctions visuo-spatiales et de la coordination motrice est à l'origine des difficultés dés le début de la scolarité, en particulier dans l'apprentissage du graphisme et des mathématiques.

Le profil comportemental est très caractéristique. Ils deviennent des enfants hyperactifs. Ils ont du mal à rester assis et à se concentrer sur leurs taches alors qu'ils peuvent être obnubilés et absorbés très longtemps par certains objets (voitures, gadgets...), par certains évènements (maladies, catastrophes...) ou par certaines personnes. Ils ont un contact social trop facile et trop familier, surtout avec les adultes, alors qu'ils peuvent avoir des difficultés à se faire des amis de leur âge. Ils sont excessivement anxieux. Ils peuvent être agressifs et avoir des problèmes de sommeil. Ils sont effrayés par la hauteur et les surfaces inégales. Enfin, ils sont très sensibles au bruit et à la musique.

Une augmentation de calcium dans le sang (hypercalcémie) sans cause (idiopathique), est présente à la naissance dans environ 10% des cas. Elle peut être responsable chez le nourission de vomissements, de difficultés alimentaires et d'une constipation. Si elle persiste à l'âge adulte elle peut être à l'origine de dépôts de calcium dans le tissu rénal (néphrocalcinose).

Enfin plus rarement, on peut observer d'autres manifestations comme un retard de croissance staturale, une raucité de la voix, une hypothyroïdie (insuffisance d'hormones secrétées par la glande thyroïde), des anomalies dentaires (dents de petite taille, retard d'éruption), une cyphoscoliose (déviation de la colonne vertébrale), des hernies inguinales ou ombilicale, une déformation du gros orteil (hallux valgus).

Quels sont les risques de transmission aux enfants ?

Le plus souvent, le syndrome de Williams est sporadique, ce qui signifie qu'il n'y a qu'une personne atteinte par famille. L'anomalie est de survenue accidentelle et il n'y a pratiquement pas de risque de récidive pour un couple ayant déjà eu un enfant atteint, bien qu'on ne puisse jamais exclure complètement l'existence d'une mosaïque germinale. Dans ces situations, les parents sont indemnes de la maladie mais l'un des deux est porteur de l'anomalie génétique dans certaines de ses cellules reproductives (ovocytes ou spermatozoïdes).

Quels sont les risques pour les autres membres de la famille ?

Cette affection est habituellement sporadique et il n'y a alors aucun risque pour les autres membres de la famille.

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